mercredi 30 octobre 2013

8 étapes pour identifier des articles clés avec Google Scholar

Cette note vous explique comment trouver des articles académiques pour constituer votre bibliographie  avec le site Google scholar.

1. Définissez clairement votre sujet

Avant toutes lectures et requêtes, déterminez simplement le sujet de votre mémoire. Le sujet doit s’intégrer à un champ de recherche : la stratégie, le marketing, la communication, la finance, les ressources humaines, l'organisation, la stratégie etc. Vérifiez avec votre directeur dans quel domaine s'insère votre sujet. C'est inévitable, au quel cas vous serez très vite noyés par des articles qui ne s'inscrivent pas dans le domaine étudié et vous aurez perdu du temps et de l'énergie à les lire.

Pour illustrer les étapes suivantes, je me base sur le sujet de Martin qui a choisi un sujet en Stratégie des organisations : la pratique stratégique de la veille d’information

2. Identifiez des mots clefs

Il est courant que les auteurs n'utilisent pas les mêmes termes d'une recherche à l'autre ou d'un champ à l'autre. Pour ne pas passer à côté de recherches intéressantes, pensez à identifier tous les mots clefs et synonymes qui s'apparentent à votre sujet.

Dans le cas de Martin, nous avions commencé avec la requête : veille d’informations.

Puis, nous avons étendu nos recherches avec les mots veille stratégique, intelligence économique, signal faible, scan de l’environnement afin de s’inscrire dans le champ des auteurs stratégiques.

3. Testez vos requêtes avec Google Scholar 

Avant de chercher des articles dans les bases de données électroniques académiques comme JSTOR, EBSCO, je vous conseille dans un premier temps de tester vos mots clés avec Google Scholar. C’est plus rapide, et parfois vous trouverez directement le fichier .pdf de l’article sans passer par les étapes agréables de l’extranet>connexion>bibliothèque>bibliothèque en ligne>bases de données>rechercher>pas de pdf>rechercher une autre base

Revenons à notre exemple. Que nous dit Google Scholar pour la requête "veille stratégique" (voir impression écran ci-dessous) ?

mardi 29 octobre 2013

J'en sais trop... Comment trier mes résultats de mes données ?

Souvent, les étudiants qui ont déjà eu des expériences professionnelles ou qui sont passionnés par un secteur ont pris de l'avance dans leur mémoire sans le savoir. 
 
Pour ces étudiant, il est difficile de distinguer une donnée d'un résultat et souvent ils prennent pour acquis que ce qu'ils savent est connu de tous. Or, c'est faux! Pour ses collègues, fournisseurs, concurrents, c'est surement le cas en effet. Mais pour les chercheurs ou une entreprise d'un autre secteur ce n'est pas le cas. Il faut leur expliquer avec des mots simples et de manière pédagogique votre sujet. Car votre capacité à expliquer une notion reflète votre capacité à bien l'avoir assimilée. 
Pour ces étudiants, la difficulté du mémoire réside dans leur capacité à prendre du recul. Je conseille souvent de vous poser la question suivante :

Qu'est ce que je sais que mon/ma directrice de mémoire ne sait pas?


Imaginez tout au long de la rédaction de votre mémoire qui vous écrivez un rapport d'étonnement de tout ce que vous avez vu sur le terrain. Une personne n'ayant pas mis les pieds dans l'entreprise, ou lu et collecté des données n'aurait jamais pu conclure la même chose.


Commencer sa problématique par "Comment ?"

En commençant votre question de recherche ou problématique par « Comment », d’emblée, l'évaluateur saura à quoi s'attendre comme type de mémoire.
  • Une problématique qui commence par « comment ?» ou « pourquoi ? » implique une méthodologie plutôt qualitative, comme la méthode des cas, les entretiens, la netnographie, l'observation-participante.  L'analyse repose sur une interprétation, et une réflexion des discours des acteurs. On réalise une analyse thématique ou de contenu.
  • En revanche, les questions qui commencent par « quels sont » « quel est l’impact, l’influence de » quant à elles impliquent un protocole de collecte de données quantitatif (questionnaires à grande échelle, base de données, expérimentation). Pour cela on met en place des calculs mathématiques de corrélation du type Qi2 ou autres.

En commençant votre question par « comment » ou « pourquoi » l'objectif de votre étude n’est pas d’entrer dans la représentativité et de corréler deux variables entre elles, mais bien de comprendre un phénomène dans son contexte.
Vous souhaitez par exemple comprendre les étapes de déploiement d'un logiciel, ou dresser une typologie des acteurs clés d'un business model, identifier un processus.  

En aucun cas vous parlerez d’hypothèses à valider ou à réfuter. Mais plutôt de propositions de recherche.
Il est impossible en l'espace d'une année de valider ou réfuter des hypothèses avec des données qualitatives. Ça existe ! Mais ce type de recherche est un travail de longue haleine qui nécessite au moins 4 ans de recherche à temps plein. Souvent ces chercheurs réalisent plus de 80 entretiens et procèdent à un codage rigoureux des données collectées.

Le résultat de votre mémoire sera l’aboutissement d’un schéma, ou d’un tableau, d’un modèle processuel, ou une taxonomie. 

lundi 28 octobre 2013

D'un sujet à une problématique... la problématisation

Il est toujours plus facile d'avoir en tête un sujet/un thème que l'on souhaite traiter plutôt que de formuler une problématique. Et pourtant la formulation de la problématique est cruciale. C'est elle qui guide l'étudiant dans la rédaction de la revue de littérature mais aussi dans le choix méthodologique, de l'analyse et l'exposition des résultats. A commencer par son début : doit elle commencer par "Comment", "Pourquoi", "En quoi" ? Quels mots choisir entre "Impact", "Influence" ou "liens", "relation", "processus" ? Le protocole de collecte de données diffère, et le mode d'analyse aussi (qualitative vs quantitatif vs les deux). Nous y reviendrons plus tard. Mais tout d'abord : Comment partir d'un sujet pour arriver à une problématique ?

En général pour identifier un sujet, les étudiants n'ont pas trop de difficultés. Ils s'intéressent souvent à des sujets tendances pour lesquels ils souhaitent acquérir une expertise. Jusque là, tout est normal ! Par exemple, en tant que prof de SI et stratégie des organisations, mes étudiants s'intéressent au marketing digital, aux réseaux sociaux d'entreprises, à l'innovation, aux nouvelles technologies, au cloud computing ou encore au crowdfunding. 
Une fois un sujet en tête, je leur dis "ok, très bien. C'est intéressant, il existe des travaux récnts là dessus, mais en ce qui te concerne à quel problème souhaites tu répondre?"

La problématique, est un dilemme récurrent auquel sont confrontés les managers (Nikitin, 2006, p.96), Problématiser c'est formuler un problème, s'interroger sur une situation extraordinaire, un cas atypique, unique, ou commun pour lesquels il y a pour le moment très peu d'écrits académiques, ou qui suscite l'intérêt des organisations depuis peu. Par exemple : Pourquoi les jeunes préfèrent travailler dans des associations à but non lucratifs? Comment une organisation peut elle déployer un réseau social d'entreprise sans budget?
N'hésitez pas à ajouter le secteur pour lequel vous souhaitez vous intéresser en particulier au sein même de la problématique. Quelle est l'influence des blogueuses sur la réputation des marques de cosmétiques?

  • C'est donc une phrase de la forme interrogative qui commence par "Comment", "Pourquoi", "Quels sont", "En quoi" ;
  • Qui évoque une situation complexe et nouvelle ;
  • Et qui expose un vrai doute ou une remise en cause d’événements communs

Comment identifier un problème ? A partir du terrain.